Le monde: un terrain de jeux pour les jeunes travailleurs

Longtemps, on a cru que la mobilité des employés était réservée auxgrandes entreprises internationales, souvent en recherche de productionsou de travail à faible coût. On en parlait surtout lorsqu’un plan derestructuration de l’entreprise en difficulté ne donnait aux salariés qu’unealternative : soit le départ dans un pays lointain, soit le chômage. En conséquence, certains mots comme « expatriation », « externalisation» ou « délocalisation » ont acquis une aura très négative, comme unepunition pour un employé ou un service dont on veut se débarrasser. Or, laréalité est toute autre, voire complètement opposée dans certains cas.Les talents en première ligneL’externalisation concerne de plus en plus les PME et les ETI (Entreprisesde taille intermédiaire) et implique souvent l’envoi de collaborateurs àl’étranger. Dans ces cas-là, ce sont surtout les employés les plusméritants, les plus expérimentés, qui partent gérer les filiales ou servicesà l’étranger. Les PME n’hésitent plus non plus à embaucher des talentsvenus d’autres pays pour asseoir un nouveau marché ou développer unenouvelle branche.On n’a pas attendu les temps modernes pour pratiquer la délocalisation :depuis l’invention du commerce, ce sont les plus talentueux qui s’en vontexplorer les nouveaux marchés. On n’allait pas envoyer sur la Route de laSoie un employé peu à même de rapporter des informations précieuses etde conclure des contrats juteux. La mondialisation moderne a noyél’expatriation des talents sous le volume d’une massive « migration detravail », souvent provoquée par des problèmes financiers ou de stabilitédu pays de naissance. Pourtant, sous la quantité se cache l’expatriation de qualité, accélérée parl’essor des nouvelles technologies et d’une « culture mondiale » portéepar les milléniaux. Un nouveau souffle pour les PMEPrès de 90 % des PME ont développé ou souhaitent développer leurmarchéàl’international.Cette évolution est souvent due à une nouvelle demande, à l’essor d’unnouveau marché, à une rencontre professionnelle, ou résulte plusrarement d’une décision planifiée. Le marché est devenu mondial, pourtout le monde, et non plus réservé aux grandes entités commerciales.Les nouvelles technologies ont bien sûr accéléré l’explosion del’internationalisation et l’ont accompagnée. Cependant, gérer depuis la
France un service de production à l’autre bout du monde peut nécessiterplus qu’un rendez-vous Skype quotidien, contrairement à ce qu’on pouvaitpenser jusque-là. Car exporter ses biens, ses services, relocaliser uneproduction, c’est bien, mais envoyer sur place un collaborateur ou unservice pour chapeauter le tout, c’est mieux ! Non seulement pour gérerl’existant mais surtout pour être réactif et saisir d’autres opportunités.Et ce changement de paradigme est en plein essor, boosté notamment parles chambres consulaires et certaines réformes en cours :accompagnement des TPE, PME et ETI à l’export, mise en place deformations pour les dirigeants, réforme des financements, etc. Pour conclure, selon les études, plus de deux expatriés sur trois expliquentque leur situation est bonne pour leur carrière et plus de la moitiésoulignent que leur niveau de vie a progressé (Salaire, environnement de travail, de vie, etc…)Alors n’hésitez plus et pensez global !